En bref
Le congé paternité totalise 28 jours, structurés en 3 blocs distincts à prendre dans les 6 mois suivant la naissance.
- 3 jours de congé naissance + 4 jours obligatoires immédiatement après l’accouchement
- 21 jours optionnels fractionnables dans un délai de 6 mois
- Prévenir l’employeur au moins 1 mois avant le début du congé
Beaucoup de futurs pères tapent encore « quand prendre les 11 jours de paternité » dans leur moteur de recherche, et c’est tout à fait normal. Ce chiffre de 11 jours a longtemps circulé, et la confusion perdure malgré la réforme entrée en vigueur le 1er juillet 2021. Aujourd’hui, la durée totale du congé paternité atteint 28 jours calendaires, soit plus du double de l’ancienne formule. On vous explique ici comment ces jours se comptent, quand les prendre, et surtout comment éviter les erreurs qui font perdre des droits durement gagnés. Vous pouvez voir ici combien coûte un test de paternité.
Ce que vous cherchez n’existe plus : les 11 jours sont devenus 28
Pourquoi cette confusion entre 11, 25 et 28 jours persiste encore ?
Trois chiffres circulent en parallèle, et chacun désigne une réalité différente. Les 11 jours correspondaient à l’ancienne durée du congé paternité, applicable avant juillet 2021. Les 25 jours désignent la part strictement « paternité » du nouveau dispositif, hors congé naissance. Les 28 jours, eux, représentent la durée totale réelle : 3 jours de congé naissance, auxquels s’ajoutent 4 jours obligatoires puis 21 jours optionnels. La confusion naît du fait que ces 3 jours de congé naissance relèvent d’un régime juridique différent, même s’ils s’enchaînent dans les faits.
La structure réelle du congé paternité : 3 blocs à ne pas confondre
Le premier bloc regroupe les 3 jours de congé de naissance, à charge de l’employeur et comptés en jours ouvrables. Le deuxième bloc impose 4 jours calendaires immédiatement après la naissance, sans possibilité de report. Le troisième bloc offre 21 jours calendaires supplémentaires, fractionnables en 2 périodes au maximum, à prendre dans un délai de 6 mois. Ces 3 blocs fonctionnent selon des règles de comptage distinctes. Mélanger les règles de l’un avec celles d’un autre génère des erreurs de planification qui peuvent coûter des jours de congé.
Ce que change concrètement la loi du 30 décembre 2025 pour les naissances à venir
La loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 consolide le cadre existant et prépare le terrain au congé supplémentaire de naissance entré en vigueur au 1er juillet 2026. Elle ne modifie pas la durée des 28 jours de paternité, mais elle précise les conditions de report en cas d’hospitalisation du nouveau-né et renforce les sanctions applicables à un employeur qui refuserait la prise du congé obligatoire. Le Code du travail fixe désormais sans ambiguïté l’obligation pour le salarié de cesser toute activité pendant les 4 jours suivant la naissance.
Quel délai pour prendre son congé paternité ?
Le point de départ : la naissance déclenche une horloge de 6 mois
La date de naissance de l’enfant déclenche un délai de 6 mois pendant lequel le salarié dispose du droit de prendre les 21 jours optionnels. Passé ce délai, ce droit s’éteint définitivement. Il ne se reporte pas, il ne se cumule pas sur une naissance suivante. Seules deux situations permettent un report au-delà des 6 mois : l’hospitalisation du nouveau-né ou le décès de la mère. Dans ces cas, le délai se calcule à partir de la fin de l’hospitalisation ou de la date de décès.
Les 4 jours obligatoires après la naissance : ni négociables, ni reportables
Ces 4 jours débutent le lendemain de la naissance, immédiatement à la suite des 3 jours de congé naissance. Le salarié informe l’employeur dès que possible, et le contrat de travail se trouve suspendu durant cette période. La Caisse Primaire d’Assurance Maladie, la CPAM, verse les indemnités journalières correspondantes, sous réserve que le salarié remplisse les conditions d’ouverture de droits à l’assurance maladie. Aucune convention collective ne peut déroger à cette obligation dans un sens défavorable au salarié.
Les 21 jours optionnels : jusqu’à quand peut-on vraiment attendre ?
En théorie, le salarié peut attendre jusqu’au 6e mois après la naissance pour débuter ces 21 jours. En pratique, nous conseillons de ne pas dépasser le 5e mois pour se laisser une marge en cas d’imprévu administratif ou de délai de traitement par la CPAM. Ces 21 jours peuvent être divisés en 2 périodes distinctes, chacune d’une durée minimale de 5 jours. Il est impossible de les fractionner en plus de 2 blocs.
Comment sont comptés les jours de congé paternité ?
Jours calendaires ou jours ouvrables : la distinction que tout le monde rate
Les 3 jours de congé naissance se décomptent en jours ouvrables, c’est-à-dire que les dimanches et jours fériés ne comptent pas. En revanche, les 4 jours obligatoires et les 21 jours optionnels du congé paternité se décomptent en jours calendaires. Un jour calendaire, c’est tout simplement un jour du calendrier civil, samedi, dimanche et jours fériés inclus. Cette distinction est la source principale d’erreurs de calcul.
Est-ce que les week-ends comptent dans le congé paternité ?
Oui. Les samedis et dimanches comptent intégralement dans le décompte des 4 jours obligatoires et des 21 jours optionnels, puisque ces périodes relèvent du régime des jours calendaires. Cela signifie qu’un congé débutant un jeudi consomme 4 jours dès le dimanche suivant inclus. Cette règle surprend souvent les pères qui comparent par erreur avec les règles des congés payés ordinaires, qui fonctionnent en jours ouvrables ou ouvrés selon les conventions collectives.
Un exemple chiffré jour par jour : si votre enfant naît un vendredi
Naît un vendredi 15. Les 3 jours de congé naissance courent les vendredi 15, lundi 18 et mardi 19 (le dimanche 17 ne compte pas car ce sont des jours ouvrables). Les 4 jours calendaires obligatoires débutent le mercredi 20 et s’achèvent le samedi 23 inclus. Les 21 jours optionnels peuvent démarrer dès le dimanche 24 ou être reportés jusqu’au 6e mois suivant le 15 du mois de naissance. Ce découpage concret illustre pourquoi il faut anticiper la planification avant même la date présumée d’accouchement.
Congé naissance
3 jours ouvrables, à charge employeur
4 jours obligatoires
Jours calendaires, dès la naissance
21 jours optionnels
Jours calendaires, dans les 6 mois
Total
28 jours, pris en charge par la CPAM pour les 25 jours paternité
Fractionner ou tout prendre d’un bloc : quelle stratégie selon votre situation
Pourquoi un nombre croissant de pères attendent que la mère ait repris le travail ?
Des études récentes citées par Le Point révèlent une tendance de fond : un nombre croissant de pères choisit de retarder la seconde période de 21 jours pour la prendre au moment où la mère reprend son activité professionnelle. Cette organisation permet d’assurer une continuité dans l’accueil de l’enfant sans recourir immédiatement à un mode de garde externe. D’un point de vue pratique, cela signifie que le père prend ses 4 jours obligatoires juste après la naissance, puis décale les 21 jours optionnels de plusieurs semaines, voire de quelques mois.
Les avantages concrets du fractionnement en deux périodes
Le fractionnement en 2 blocs offre une flexibilité réelle. Le premier bloc peut couvrir les premiers jours de retour au domicile, souvent les plus intenses. Le second bloc intervient plus tard, quand la mère reprend le travail ou lors d’une période de fragilité de l’enfant. Chaque période doit respecter un minimum de 5 jours consécutifs. Cette souplesse distingue nettement le congé paternité actuel de l’ancienne formule de 11 jours, qui ne laissait aucune marge de manoeuvre dans l’organisation familiale.
- Présence en salle de maternité puis au retour à domicile
- Soutien actif à la mère durant la récupération post-accouchement
- Relais possible lors de la reprise du travail de la mère
- Jours calendaires consommés même les week-ends
- Délai de 6 mois non prorogeable dans le cas général
- Maximum 2 périodes : impossible de diviser en 3 blocs ou plus
Les pièges à éviter quand on décale la prise du congé
Le premier piège consiste à oublier le délai d’un mois de prévenance obligatoire à l’employeur. Si vous souhaitez démarrer votre seconde période le 15 du mois, vous devez notifier votre employeur au plus tard le 15 du mois précédent. Le deuxième piège est de confondre la date limite de début et la date limite de fin du congé : le salarié doit débuter les 21 jours optionnels avant le 6e mois, pas les terminer avant. Le troisième piège, souvent invisible, concerne la vérification des droits auprès de la CPAM avant le départ en congé.
Comment poser les jours de paternité sans se tromper de procédure ?
Prévenir l’employeur : le délai d’un mois et ce que la loi lui interdit de faire
Le salarié notifie l’employeur au moins 1 mois avant la date de début souhaitée pour chaque période optionnelle. Cette notification peut prendre la forme d’un courrier simple, mais un envoi en lettre recommandée avec accusé de réception constitue une preuve en cas de litige. L’employeur ne peut ni refuser ni modifier les dates des 4 jours obligatoires. Pour les 21 jours optionnels, il ne peut pas non plus s’opposer à la prise du congé, mais il peut, dans des cas très limités et encadrés par convention collective, négocier les dates avec le salarié.
Les documents à transmettre à la CPAM pour percevoir ses indemnités journalières
La CPAM exige la transmission d’une attestation de salaire établie par l’employeur, ainsi que d’une copie de l’acte de naissance ou du certificat médical attestant de la naissance. L’indemnité journalière versée par la CPAM correspond à 1/91,25e de la moyenne des salaires bruts des 3 derniers mois, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale. Pour un salarié dont le salaire brut mensuel s’élève à 3 000 euros, l’indemnité journalière atteint environ 104 euros par jour. La demande s’effectue directement sur le compte ameli ou par courrier à la caisse d’assurance maladie dont dépend le salarié.
Ce que contient un acte de naissance et pourquoi il suffit à tout déclencher
L’acte de naissance établi par la mairie mentionne l’identité de l’enfant, la date et le lieu de naissance, ainsi que les noms des parents reconnus. Ce document officiel suffit à justifier l’ouverture du droit au congé paternité, que le père soit marié, pacsé, ou en union libre avec la mère. La filiation légale n’est pas une condition d’accès au congé : le père présumé ou le conjoint de la mère y a également droit, qu’il ait ou non reconnu l’enfant à l’état civil avant la naissance.
Congé supplémentaire de naissance au 1er juillet 2026 : une couche de plus à comprendre
Ce nouveau droit d’un à deux mois vient s’ajouter au congé paternité existant
Depuis le 1er juillet 2026, chaque parent salarié dispose d’un congé supplémentaire de naissance d’une durée de 1 à 2 mois, à prendre dans les 9 mois suivant la naissance. Ce droit s’ajoute au congé paternité de 28 jours : il ne le remplace pas. L’Assemblée nationale a approuvé cette mesure dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, avec pour objectif affiché de relancer la natalité et de favoriser une meilleure répartition de l’accueil de l’enfant entre les deux parents.
Peut-on cumuler congé paternité et congé supplémentaire de naissance ?
Oui. Les 2 droits sont distincts et cumulables. Un père peut donc théoriquement disposer de 28 jours de congé paternité plus jusqu’à 2 mois de congé supplémentaire de naissance. Les conditions d’accès à ce second dispositif restent soumises à des règles propres, notamment en matière de durée minimale d’activité préalable et de niveau d’indemnisation. Nous recommandons de vérifier les droits ouverts auprès de la CPAM dès le début de la grossesse pour planifier sereinement les deux dispositifs.
Ce que cela change dans le calendrier à planifier dès la grossesse
La superposition des 2 dispositifs oblige à une planification anticipée. Idéalement, la décision sur la répartition des périodes se prend avant la date prévisionnelle d’accouchement. Le congé paternité de 28 jours court sur 6 mois, le congé supplémentaire de naissance sur 9 mois. Les 2 périodes peuvent se succéder ou se chevaucher partiellement selon les règles en vigueur. Ne pas anticiper revient à risquer de perdre des jours de l’une ou l’autre enveloppe par simple dépassement du délai légal.
Bien organiser son congé paternité, c’est déjà un acte parental
Quand prendre les 11 jours de paternité est une question légitime, mais la réponse appartient désormais au passé. Les 28 jours actuels offrent une vraie souplesse que beaucoup de pères n’exploitent pas faute d’information claire. Prendre le temps de comprendre les 3 blocs, les délais de prévenance et les règles de comptage en jours calendaires, c’est se donner les moyens d’être pleinement présent aux moments qui comptent, sans perdre un seul jour de ce droit.
FAQ
Quel délai pour prendre congé paternité ?
Les 4 jours obligatoires débutent immédiatement après la naissance, sans délai de prévenance particulier. Pour les 21 jours optionnels, le salarié informe son employeur au moins 1 mois avant la date souhaitée. L’ensemble des 21 jours doit débuter dans un délai de 6 mois suivant la naissance, sauf cas d’hospitalisation ou de décès de la mère.
Comment poser les jours de paternité ?
Le salarié notifie son employeur par écrit au moins 1 mois avant chaque période. Il transmet ensuite à la CPAM une attestation de salaire établie par l’employeur et une copie de l’acte de naissance. La demande d’indemnisation s’effectue via le compte ameli ou par courrier à la caisse d’assurance maladie compétente.
Comment sont comptés les jours de congé paternité ?
Les 3 jours de congé naissance se comptent en jours ouvrables (hors dimanches et jours fériés). Les 4 jours obligatoires et les 21 jours optionnels se comptent en jours calendaires, samedis, dimanches et jours fériés inclus. Cette distinction modifie sensiblement le calcul des dates de fin de chaque période.


